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Monitoring de Protection – AoĆ»t 2025 : 852 violations documentĆ©es au Nord-Kivu, dont 186 cas de violences basĆ©es sur le genre

En aoĆ»t 2025, la situation sĆ©curitaire dans les territoires de Masisi, Rutshuru, Walikale, Nyiragongo, Lubero et Beni est demeurĆ©e particuliĆØrement instable. Les affrontements entre groupes armĆ©s, les violences intercommunautaires et les opĆ©rations militaires ont provoquĆ© des pertes en vies humaines, des destructions massives de biens, ainsi que des mouvements forcĆ©s de populations vers des zones jugĆ©es plus sĆ»res. Les femmes, les filles et les enfants figurent parmi les catĆ©gories les plus affectĆ©es, notamment Ć  cause des risques accrus de violences sexuelles, d’exploitation, d’enlĆØvements et de restrictions d’accĆØs aux services essentiels, en particulier ceux liĆ©s Ć  la santĆ© sexuelle et reproductive. Tendances gĆ©nĆ©rales observĆ©es Le monitoring de protection a couvert 20 zones de santĆ© dans les territoires ciblĆ©s. Le territoire de Masisi demeure le plus touchĆ©, concentrant 41,5 % des violations, suivi de Beni (24,6 %) et Nyiragongo (11,5 %). MalgrĆ© une baisse globale de 5 % des violations, une recrudescence est observĆ©e Ć  Masisi (+16 %) et Beni (+28 %) par rapport Ć  juillet 2025. La couverture reste limitĆ©e Ć  Walikale (uniquement la zone de santĆ© de Pinga) tandis que Butembo et la ville de Beni n’ont pas Ć©tĆ© incluses dans le suivi. Les principales violations documentĆ©es concernent : Les coups et blessures (18 %),µ Les homicides (17 %), Les enlĆØvements et disparitions forcĆ©es (16 %), Les pillage et destructions de biens. Ces tendances traduisent une dĆ©gradation continue du respect du droit Ć  la vie et Ć  l’intĆ©gritĆ© physique. Violences sexuelles et basĆ©es sur le genre (VSBG) En aoĆ»t 2025, le monitoring a enregistrĆ© 186 cas de violences basĆ©es sur le genre, dont 166 cas de viols, reprĆ©sentant prĆØs de 89 % du total. Cette tendance reste alarmante et constante depuis le dĆ©but de l’annĆ©e. Les territoires les plus touchĆ©s sont Masisi, Beni, Lubero et Nyiragongo, où la prĆ©sence prolongĆ©e des groupes armĆ©s et l’absence de mĆ©canismes communautaires de protection exposent davantage les femmes et les filles aux agressions sexuelles, aux mariages forcĆ©s et Ć  l’exploitation sexuelle transactionnelle. Impacts sur la santĆ© sexuelle et reproductive des filles et jeunes femmes Les filles adolescentes et jeunes femmes subissent de maniĆØre disproportionnĆ©e les consĆ©quences de ces violences et du contexte sĆ©curitaire. Plusieurs indicateurs tĆ©moignent de la dĆ©tĆ©rioration de leur santĆ© sexuelle et reproductive : AccĆØs restreint aux soins SR : la fermeture ou le dĆ©placement des structures sanitaires, combinĆ© Ć  l’insĆ©curitĆ© sur les routes, limite l’accĆØs aux soins post-viol, aux contraceptifs et Ć  la planification familiale. Grossesses non dĆ©sirĆ©es : les cas de viols et de rapports sexuels forcĆ©s augmentent le nombre de grossesses prĆ©coces, souvent non prises en charge mĆ©dicalement. Propagation des IST/VIH : l’absence de dĆ©pistage et de traitement post-exposition accroĆ®t les risques de contamination parmi les survivantes. Stigmatisation sociale : de nombreuses survivantes, rejetĆ©es par leurs familles ou communautĆ©s, se retrouvent sans soutien psychologique ni Ć©conomique, renforƧant leur vulnĆ©rabilitĆ© Ć  de nouvelles formes d’exploitation. Le CSDF note Ć©galement que le manque d’éducation Ć  la santĆ© reproductive et l’effondrement des rĆ©seaux communautaires de prĆ©vention aggravent les risques d’abus et de dĆ©sinformation parmi les adolescentes dĆ©placĆ©es. Atteintes au droit Ć  la vie et Ć  l’intĆ©gritĆ© physique Le mois d’aoĆ»t a Ć©galement enregistrĆ© 168 cas d’homicides, reprĆ©sentant 43 % des violations du droit Ć  la vie. Les territoires les plus touchĆ©s sont Lubero (33 %), Masisi (25 %), Beni (17 %), Nyiragongo et Goma (18 %), Rutshuru (6 %) et Walikale (1 %). Ces donnĆ©es confirment la persistance d’un climat d’insĆ©curitĆ© chronique, où la population civile est directement ciblĆ©e. Profil des populations affectĆ©es Les personnes retournĆ©es demeurent les principales victimes. Au cours du mois, 852 violations ont Ć©tĆ© recensĆ©es, affectant plus de 941 personnes retournĆ©es, soit 68,7 % des victimes. Ces populations, dĆ©jĆ  fragilisĆ©es par des dĆ©placements rĆ©pĆ©tĆ©s, font face Ć  la perte de leurs moyens de subsistance, Ć  la dĆ©sintĆ©gration des structures communautaires et Ć  un accĆØs limitĆ© aux mĆ©canismes de plainte et de protection. Recommandations Les rĆ©sultats du monitoring du mois d’aoĆ»t 2025 montrent que la crise sĆ©curitaire dans l’Est de la RDC continue d’exacerber les violences sexuelles et les atteintes Ć  la santĆ© reproductive des femmes et filles. Le Centre pour la SantĆ© et les Droits des Femmes (CSDF) recommande : Le renforcement des cliniques mobiles et des points d’accĆØs aux soins de santĆ© sexuelle et reproductive, notamment dans les zones de dĆ©placement. La mise en place de mĆ©canismes communautaires de prĆ©vention et d’alerte sur les cas de VBG. Le soutien psychosocial et juridique systĆ©matique pour les survivantes de viol et les adolescentes enceintes. Une coordination accrue entre acteurs humanitaires et structures locales pour garantir la continuitĆ© des services SR mĆŖme en contexte de crise.