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25 jeunes filles leaders et paires éducatrices mobilisées pour la gestion de cas sensibles, une paix durable et cohésion sociale consolidée à Nyiragongo.

Les 9 et 10 juillet 2026, le Centre pour la Santé et les Droits des Femmes (CSDF) a organisé, dans le territoire de Nyiragongo, un atelier de renforcement des capacités au profit de 25 jeunes filles leaders et paires éducatrices. Réalisée avec l’appui de Search for Common Ground (SFCG) dans le cadre du projet « Jeunes filles engagées pour la Paix et la Cohésion sociale », cette initiative vise à renforcer le rôle des jeunes femmes dans la prévention des conflits, la promotion des droits humains des jeunes et la consolidation de la paix au Nord-Kivu. Animée par Madame Irène Kadjabika, la formation a permis aux participantes d’approfondir les principes des résolutions 1325 « Femmes, Paix et Sécurité » et 2250 « Jeunesse, Paix et Sécurité », deux cadres internationaux qui reconnaissent le rôle essentiel des femmes et des jeunes dans la prévention des conflits et la construction d’une paix durable. Les échanges ont porté sur les cinq piliers de la résolution 2250 : la participation des jeunes à la gouvernance locale, la protection de leurs droits dans les contextes de crise, la prévention de la violence par des initiatives communautaires, le partenariat entre les organisations locales et les institutions, ainsi que l’accompagnement des jeunes touchés par les conflits vers leur réinsertion sociale et économique. En complément, les participantes ont renforcé leurs connaissances sur les quatre piliers de la résolution 1325, notamment la participation des femmes aux instances décisionnelles, la protection contre les violences basées sur le genre, les mécanismes de prévention des tensions communautaires et les actions de secours et de relèvement, avec un accent particulier sur l’autonomisation économique à travers les Associations Villageoises d’Épargne et de Crédit (AVEC). Au-delà des connaissances acquises, cette formation repose sur une approche de démultiplication communautaire. Les 25 jeunes filles leaders deviennent des relais de proximité capables de sensibiliser leurs familles, leurs écoles, leurs associations, les marchés et les comités locaux de paix. Elles sont désormais mieux préparées à promouvoir la cohésion sociale, orienter les survivantes de violences vers les services appropriés, prévenir les conflits à travers des mécanismes d’alerte précoce et accompagner la création d’initiatives économiques solidaires. En investissant dans le leadership féminin, le CSDF contribue à faire émerger une nouvelle génération de jeunes femmes engagées, capables de transformer leurs communautés par le dialogue, la solidarité et la participation citoyenne. Cette dynamique renforce la résilience locale et favorise une paix construite à partir des réalités des communautés de Kibumba et Kibati. À travers cette initiative, le CSDF réaffirme son engagement à promouvoir les droits des femmes et des filles, tout en démontrant que la paix durable se construit avec celles et ceux qui vivent quotidiennement les défis des communautés. Les 25 paires éducatrices constituent désormais un réseau d’actrices du changement, appelées à diffuser les valeurs de paix, d’inclusion et de cohésion sociale auprès de centaines d’autres jeunes dans le territoire de Nyiragongo.

Deuxième journée de formation : des acquis consolidés pour une action communautaire renforcée

La deuxième journée de formation a été consacrée à l’approfondissement des connaissances des 25 jeunes filles leaders et paires éducatrices sur les résolutions 1325 (Femmes, Paix et Sécurité) et 2250 (Jeunes, Paix et Sécurité), à travers une approche participative combinant exposés, travaux de groupe, études de cas et échanges d’expériences. La session a débuté par une récapitulation des principaux enseignements de la première journée, suivie d’un exercice interactif permettant aux participantes d’identifier les principaux défis auxquels les femmes et les jeunes sont confrontés dans leurs communautés ainsi que les mécanismes locaux de prévention et de réponse. Sous la facilitation de Madame Irène KADJABIKA, les participantes ont ensuite approfondi les quatre piliers de la Résolution 1325. Le premier module a porté sur la participation des femmes aux processus de paix, mettant en évidence leur rôle dans les structures communautaires de prise de décision, les mécanismes locaux de médiation et les initiatives de cohésion sociale. Le deuxième module a traité de la protection des femmes et des filles, avec un accent particulier sur l’identification des violences basées sur le genre, la confidentialité dans la gestion des cas sensibles ainsi que les mécanismes de référencement vers les services médicaux, psychosociaux, juridiques et de protection. Les échanges se sont poursuivis autour du pilier Prévention, durant lequel les participantes ont travaillé sur des études de cas illustrant les signes précurseurs des conflits, les discours de haine, les tensions communautaires et les risques de violences. Les travaux en groupes ont permis d’élaborer des stratégies locales de prévention et d’alerte précoce adaptées à leurs villages. Le quatrième module a porté sur le secours et le relèvement, en mettant l’accent sur l’accompagnement des survivantes, leur réintégration communautaire, le soutien psychosocial et l’autonomisation économique comme leviers de résilience et de consolidation de la paix. La journée s’est poursuivie par une séance pratique consacrée à l’élaboration des plans individuels de mobilisation et de sensibilisation communautaire. Chaque paire éducatrice a identifié les activités qu’elle mènera dans son village, les groupes cibles, les messages clés, les résultats attendus ainsi que les mécanismes de suivi et de référencement des cas sensibles. La formation s’est achevée par une restitution des travaux de groupe, une séance de questions-réponses, l’évaluation des acquis et la prise d’engagements individuels. Les participantes se sont engagées à mettre en pratique les connaissances acquises en organisant des activités de sensibilisation dans leurs communautés, tout en promouvant la participation des jeunes filles, la prévention des violences, la cohésion sociale et les principes des agendas Femmes, Paix et Sécurité et Jeunes, Paix et Sécurité. À travers cette deuxième journée, le CSDF, avec l’appui de Search for Common Ground (SFCG), a consolidé les capacités de ces jeunes leaders afin qu’elles deviennent des relais communautaires capables de diffuser des messages de paix, d’identifier les cas sensibles, d’assurer leur référencement et de contribuer activement au renforcement de la cohésion sociale dans le territoire de Nyiragongo.

Premième journée de formation : Renforcement des capacités des jeunes filles leaders sur la Résolution 2250 « Jeunesse, Paix et Sécurité »

Ce Jeudi 9 juillet 2026, au cœur du territoire de Nyiragongo, nous avons franchi une étape importante pour la stabilité de notre province. À Kibumba, 25 jeunes filles leaders et paires éducatrices ont pris part à une journée d’échange exclusivement consacrée à l’appropriation de la résolution 2250 des Nations Unies, avec le soutien de notre partenaire Search for Common Ground (SFCG). Au CSDF, nous sommes convaincus que la paix durable ne peut se construire sans une appropriation réelle des textes internationaux par ceux qui sont sur le terrain. La séance a été brillamment animée par madame Irène NABINTU, dont la modération a permis de créer un espace d’échange constructif. Dans cette Journée, notre focus était clair : plonger au cœur de l’Agenda « Jeunesse, Paix et Sécurité » (JPS) pour donner à ces 25 jeunes filles les clés pour devenir de véritables actrices de changement dans leurs communautés. Une journée dédiée à la Résolution 2250 Nous avons consacré l’intégralité de nos échanges à décortiquer cette résolution et à comprendre comment elle se traduit concrètement dans notre quotidien au Nord-Kivu. La journée, sous la conduite de madame Irène NABINTU, a été rythmée par une immersion dans le Plan d’Action National (PAN), suivie d’un travail approfondi sur les cinq piliers qui structurent cette résolution : Participation : Nous avons insisté sur l’importance d’associer activement les jeunes filles aux processus de prise de décision pour combattre leur marginalisation dans la gestion de la cité. Protection : Les échanges ont porté sur la sécurisation des droits fondamentaux des jeunes et la mise en place de mécanismes communautaires pour prévenir et répondre aux menaces. Prévention : Les participantes ont été outillées pour mener des initiatives locales visant à promouvoir la tolérance et à prévenir la violence avant qu’elle ne s’installe durablement. Partenariat : Nous avons mis en exergue la nécessité d’une collaboration stratégique entre le CSDF, les acteurs locaux et les institutions pour mutualiser les ressources et renforcer l’impact collectif. Désengagement et Réinsertion : Nous avons abordé les méthodes d’accompagnement psychosocial et la création d’opportunités économiques indispensables pour faciliter le retour à une vie productive des jeunes affectés par les conflits. Pourquoi ce travail est essentiel ? À Kibumba et Kibati, nous avons vu des jeunes filles déterminées, prêtes à s’approprier ces outils pour transformer leur environnement. En se concentrant ce jeudi, 9 juillet, uniquement sur la résolution 2250, nous avons voulu leur donner une base solide et une vision claire de leur rôle dans la consolidation de la paix. Au CSDF, notre mission reste la même : être ce pont indispensable entre les aspirations de notre jeunesse (Nord-Kivu) et les mécanismes de protection et de développement. Avec la confiance de nos partenaires, nous continuerons de faire en sorte que cette résolution ne soit pas qu’un texte de plus, mais une réalité vécue par les jeunes du territoire de Nyiragongo.

350 bénéficiaires au cœur d’une initiative qui fait des jeunes filles des piliers de paix et de cohésion communautaire au NORD-KIVU

Longtemps reléguées au second plan dans les processus de paix, les jeunes filles du territoire de Nyiragongo s’imposent progressivement comme des actrices essentielles de la cohésion sociale et de la stabilité communautaire. À travers son initiative « Jeunes filles engagées pour la Paix et la Cohésion sociale », le Centre pour la Santé et les Droits des Femmes (CSDF) entend renforcer cette dynamique. Ce mardi 24 juin 2026, lors de l’atelier conjoint de lancement des 12 initiatives soutenues par le projet UNP009, le CSDF a réaffirmé son engagement à promouvoir la participation active des jeunes filles dans la mise en œuvre des agendas Jeunes, Paix et Sécurité (JPS) et Femmes, Paix et Sécurité (FPS). L’ambition est claire : faire de la jeunesse féminine une force de proposition et d’action dans la consolidation de la paix au Nord-Kivu. Au-delà de la participation : une posture de leadership Pour le CSDF, la concrétisation des agendas JPS et FPS passe par une implication réelle des jeunes filles dans les dynamiques locales. Elles ne doivent plus être considérées uniquement comme des bénéficiaires de programmes, mais comme des actrices capables d’influencer durablement leur environnement, notamment dans les groupements de Kibati et Kibumba. L’initiative repose sur une conviction centrale : la jeune fille représente un maillon essentiel dans la prévention des conflits et la promotion du vivre-ensemble au sein de sa communauté. C’est dans cette perspective que plusieurs axes d’intervention ont été définis : • De la formation à l’influence : cinquante jeunes filles leaders seront formées sur les Résolutions 2250 et 1325 afin de renforcer leurs capacités en matière de paix, de sécurité et de leadership communautaire. L’objectif est de leur permettre d’intervenir dans les espaces locaux de décision et de devenir des relais crédibles auprès de leurs pairs. • La transmission par les pairs : le projet prévoit de toucher 350 jeunes grâce à une approche participative où les bénéficiaires formées partageront à leur tour les connaissances acquises. Cette stratégie vise une appropriation communautaire plus large et durable. • Un leadership économique comme levier d’action : en accompagnant la résilience socio-économique de 100 jeunes filles survivantes de violences basées sur le genre (VBG), le CSDF mise également sur l’autonomisation comme facteur de participation sociale et de renforcement du pouvoir d’agir. Le CSDF, catalyseur d’une nouvelle ère À travers cette initiative, le CSDF inscrit son action dans le pilier « Protection » du Plan d’Action National (PAN) 2250, avec une approche qui vise à renforcer le rôle des jeunes filles dans la consolidation de la paix. « La jeune fille n’est pas seulement concernée par l’agenda JPS ; elle contribue aussi à sa pérennisation », a souligné la superviseure de l’initiative. En ancrant son intervention dans les réalités de Nyiragongo, le CSDF rappelle qu’une jeune fille formée, écoutée et soutenue peut devenir un véritable moteur de transformation sociale et un acteur clé dans la construction d’une paix durable au Nord-Kivu. Haut du formulaire Elaborer un plan de sensibilisation par les 25 paires éducatrices formées pour sensibiliser et mobiliser d’autres jeunes de leurs communautés sur les agendas Jeunesse, Paix et Sécurité (R2250) et Femme, Paix et Sécurité (R1325) afin d’être fortement représentées dans les mécanismes communautaires de prévention des conflits et de consolidation de la paix.

84 participants mobilisés autour de 12 initiatives : le projet UNP009 lance une dynamique pour renforcer l’Agenda Jeunes, Paix et Sécurité.

Il s’est tenu le mardi 23 juin 2026 au Congo Uni Hôtel l’atelier de lancement conjoint des 12 initiatives soutenues par le projet UNP009, une étape importante dans la promotion de la participation des jeunes aux dynamiques de paix et de gouvernance. Cette rencontre a réuni 84 participants autour d’une ambition commune : renforcer l’appropriation de l’Agenda Jeunes, Paix et Sécurité (JPS) à travers des actions locales portées par des organisations engagées. Parmi les structures impliquées figurait le Centre pour la Santé et les Droits des Femmes (CSDF), l’une des organisations sélectionnées pour mettre en œuvre une initiative dans le cadre du projet. Son implication se justifie par son engagement dans la promotion des droits des femmes et des jeunes filles, ainsi que par son travail de proximité dans les communautés affectées par les conflits. À travers son initiative « Jeunes filles engagées pour la Paix et la Cohésion sociale », le CSDF contribue à renforcer le leadership féminin et la participation des jeunes dans la consolidation de la paix. Un déroulement structuré pour une action collective La journée a été organisée autour de plusieurs séquences destinées à favoriser une compréhension commune des objectifs du projet et à renforcer les synergies entre les acteurs. • Ouverture et cadrage : après l’accueil et l’installation des participants, la cérémonie d’ouverture a permis de présenter les objectifs de l’atelier. Cette étape a été suivie par une présentation du projet UNP009 par un représentant de Search for Common Ground, qui a expliqué le contexte, la théorie du changement et les résultats attendus. • Présentation des initiatives : le cœur de la journée a été consacré à la présentation des douze initiatives soutenues. Réparties en deux sessions, ces interventions ont permis à chaque organisation de partager sa vision et sa stratégie d’intervention. Le CSDF, huitième organisation à prendre la parole, a présenté son initiative axée sur le renforcement du rôle des jeunes filles dans les processus de paix et de cohésion sociale. • Échanges et synergies : une session interactive de questions-réponses a facilité les échanges entre participants et permis d’identifier des complémentarités entre les différentes initiatives. • Coordination et engagements : l’après-midi a été marqué par l’identification des mécanismes de collaboration et d’engagements communs. Cette séquence a mis en évidence une volonté collective de dépasser les interventions isolées pour construire une dynamique fondée sur l’appui mutuel et la complémentarité des actions. • Clôture et capitalisation : après les messages des partenaires techniques et financiers, les participants ont formulé plusieurs recommandations avant la clôture officielle ponctuée par des photos de groupe et des échanges avec les médias. Vers une dynamique durable Au-delà d’un simple cadre de présentation, cet atelier a constitué un espace de dialogue, de réseautage et de construction de partenariats entre les organisations participantes. En réunissant ces différents acteurs autour de l’Agenda JPS, le projet UNP009 pose les bases d’une coordination renforcée en faveur de la paix au Nord et au Sud-Kivu. L’énergie observée tout au long de la journée a montré qu’au-delà des projets et des organisations, une vision commune prend forme : celle d’un engagement collectif où les jeunes, et particulièrement les jeunes filles, deviennent des acteurs essentiels de la transformation sociale et de la consolidation d’une paix durable.

Ebola en RDC : 906 cas suspects, 223 décès et des inégalités de genre qui façonnent silencieusement la riposte sanitaire

Selon une Analyse Rapide de Genre (ARG) réalisée par le GiE Group (Gender in Emergencies Group) à la demande de la UK Health Security Agency (UK HSA) et adaptée en français avec l’appui de Heal Africa, l’épidémie d’Ebola qui touche actuellement la République Démocratique du Congo nécessite une approche de riposte intégrant pleinement les dimensions de genre, de protection et d’inclusion sociale. En effet, au 29 mai 2026, l’épidémie enregistrait 906 cas suspects et 223 décès en cours d’investigation, avec une propagation signalée depuis l’Ituri vers les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, ainsi que vers l’Ouganda voisin. Cette situation constitue une urgence de santé publique préoccupante, dont les conséquences ne touchent pas toutes les populations de la même manière. Selon cette analyse, les femmes, les enfants, les personnes vivant avec handicap, les populations déplacées, les ménages dirigés par des femmes ainsi que certaines minorités ethniques, notamment les communautés Batwa, sont exposés à des risques accrus en raison des inégalités préexistantes et des barrières d’accès aux services essentiels. Pourtant, les réponses sanitaires d’urgence ne prennent pas toujours suffisamment en compte ces vulnérabilités spécifiques. L’analyse souligne que les femmes assument souvent les responsabilités liées aux soins des malades et à la prise en charge des familles, augmentant ainsi leur exposition au risque d’infection. Par ailleurs, les déplacements de population, l’insécurité et la fragilité des services de santé peuvent aggraver les risques de violences basées sur le genre, d’exploitation et d’abus sexuels. Alors, afin de renforcer l’efficacité de la riposte, le document formule plusieurs recommandations pratiques à destination des autorités sanitaires, des partenaires humanitaires et des organisations communautaires. Celles-ci portent notamment sur le renforcement de la communication et de l’engagement communautaire, l’intégration de la santé sexuelle et reproductive dans les centres de traitement, la prévention des violences basées sur le genre et des cas d’exploitation, d’abus et de harcèlement sexuels, ainsi que le développement d’une réponse multisectorielle inclusive. Le CSDF partage cette information à titre de diffusion et de sensibilisation. Les analyses, conclusions et recommandations présentées relèvent exclusivement du travail du GiE Group, avec les contributions techniques de ses experts et partenaires, dont Heal Africa. Cette ressource constitue un outil important pour améliorer la compréhension des impacts différenciés de l’épidémie et promouvoir une réponse plus équitable, plus inclusive et davantage adaptée aux réalités des communautés affectées.

Ebola en RDC et en Ouganda : une nouvelle alerte sanitaire qui menace particulièrement les femmes et les enfants

Une nouvelle épidémie d’Ebola frappe de nouveau la République démocratique du Congo, principalement dans la province de l’Ituri, avec une propagation signalée jusqu’en Ouganda. Selon les dernières données communiquées par l’Africa CDC et relayées par plusieurs médias internationaux, plus de 246 cas suspects et environ 80 décès suspects ont déjà été recensés. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré cette situation comme une urgence de santé publique internationale en raison des risques élevés de propagation dans une région marquée par les déplacements massifs des populations, l’insécurité persistante et l’accès limité aux soins de santé. Cette nouvelle flambée est particulièrement préoccupante car elle implique la souche Bundibugyo du virus Ebola, pour laquelle aucun vaccin homologué ni traitement spécifique largement disponible n’existe actuellement. Dans les provinces de l’Est de la RDC, notamment l’Ituri et le Nord-Kivu, les femmes et les enfants restent les plus exposés. Les femmes assurent souvent les soins aux malades à domicile, l’assistance dans les centres de santé et les activités de commerce transfrontalier, augmentant ainsi les risques de contamination. Les enfants, quant à eux, vivent dans des contextes de promiscuité liés aux déplacements forcés, à l’insuffisance d’eau potable et à l’accès limité aux services sanitaires. La situation devient encore plus critique dans les zones touchées par les conflits armés où les structures sanitaires restent fragiles et parfois difficilement accessibles. Face à cette menace, plusieurs mesures urgentes doivent être renforcées : Les symptômes d’Ebola comprennent notamment la fièvre, les vomissements, la diarrhée, les saignements, la fatigue intense et les douleurs musculaires. Une prise en charge rapide peut réduire les risques de propagation et améliorer les chances de survie. Aujourd’hui plus que jamais, la vigilance communautaire, l’accès rapide à l’information et la solidarité restent essentiels pour protéger les populations vulnérables et éviter une aggravation de cette nouvelle crise sanitaire dans la région des Grands Lacs.

Monitoring de protection – Décembre 2025 : 807 violations des droits humains documentées dans 27 zones de santé de la province du Nord-Kivu, RDC

Au cours du mois de décembre 2025, la situation de protection dans la province du Nord-Kivu est demeurée fortement préoccupante, malgré une baisse globale de 8 % des violations par rapport au mois précédent. La poursuite des affrontements armés dans les territoires de Masisi, Rutshuru, Walikale et Lubero, combinée à une criminalité persistante dans les zones urbaines et périurbaines de Nyiragongo et Beni, a continué d’exposer les populations civiles à de graves violations des droits humains. Ces dynamiques sécuritaires ont entraîné des exactions répétées, des déplacements forcés et une fragilisation accrue des mécanismes communautaires de protection, en particulier dans les zones de retour. Le monitoring de protection a couvert 27 zones de santé à travers la province, documentant un total de 807 incidents individuels et communautaires. Les territoires de Masisi concentrent à eux seuls 52 % des violations recensées, confirmant leur statut d’épicentre de la crise de protection. Ils sont suivis par Beni avec 17 % et Rutshuru avec 12 %. L’amélioration de la couverture géographique, notamment dans le territoire de Walikale avec quatre zones de santé désormais suivies, a permis de mettre en évidence des risques de protection jusqu’alors sous-documentés, en particulier dans les zones isolées et difficiles d’accès. Les populations retournées demeurent les plus affectées et représentent 75 % des victimes recensées. Leur vulnérabilité est renforcée par l’insécurité persistante, la présence de restes explosifs de guerre et d’engins explosifs improvisés, ainsi que par les conflits liés à la terre, au pouvoir et aux ressources. En l’absence de mesures d’atténuation adéquates, ces facteurs compromettent sérieusement la durabilité des retours et augmentent le risque de nouvelles violations. Les violences sexuelles et basées sur le genre constituent une tendance particulièrement alarmante. En décembre 2025, 143 cas de VBG ont été documentés, soit une augmentation de 3 % par rapport à novembre. Parmi ces cas, 81 % sont des viols, confirmant la persistance d’une violence sexuelle systémique dans la province. Sur l’ensemble de l’année 2025, 1 241 cas de viol ont été recensés, représentant 11 % de toutes les violations enregistrées. Les femmes et les filles vivant dans les zones de conflit actif, de déplacement et de retour sont les plus exposées, tandis que la stigmatisation et la peur de représailles continuent d’alimenter une forte sous-déclaration. Les atteintes au droit à la vie et à l’intégrité physique restent également élevées. Le mois de décembre a enregistré 102 homicides, soit 30 % des violations liées à ce droit fondamental. Les hommes représentent 80 % des victimes, suivis des femmes à 16 % et des enfants à 4 %, illustrant l’impact direct et indirect du conflit armé et de la criminalité sur l’ensemble des composantes de la population. Les incidents les plus fréquents documentés au cours du mois sont les coups et blessures (20 %), les enlèvements ou disparitions forcées (20 %), les extorsions de biens (14 %) et les viols (10 %). Ces tendances s’inscrivent dans une continuité observée tout au long de l’année 2025, démontrant le caractère structurel de la crise de protection au Nord-Kivu. Dans les zones urbaines, notamment à Goma et dans ses périphéries, la criminalité armée demeure un facteur aggravant de vulnérabilité, affectant particulièrement les femmes déplacées et les ménages dirigés par des femmes, qui représentent une part importante des victimes féminines recensées. Cette situation met en évidence la nécessité d’intégrer pleinement la protection dans les réponses urbaines et multisectorielles. Face à ces constats, il apparaît urgent de renforcer la réponse de protection d’urgence, tout en investissant dans des actions de résilience et de cohésion sociale adaptées au contexte. Une attention prioritaire doit être accordée aux zones de retour, aux survivantes de violences sexuelles et aux populations déplacées et retournées, afin de réduire durablement les risques de protection, prévenir les violations récurrentes et soutenir des solutions sûres et dignes au Nord-Kivu.

Monitoring de Protection – Août 2025 : 852 violations documentées au Nord-Kivu, dont 186 cas de violences basées sur le genre

En août 2025, la situation sécuritaire dans les territoires de Masisi, Rutshuru, Walikale, Nyiragongo, Lubero et Beni est demeurée particulièrement instable. Les affrontements entre groupes armés, les violences intercommunautaires et les opérations militaires ont provoqué des pertes en vies humaines, des destructions massives de biens, ainsi que des mouvements forcés de populations vers des zones jugées plus sûres. Les femmes, les filles et les enfants figurent parmi les catégories les plus affectées, notamment à cause des risques accrus de violences sexuelles, d’exploitation, d’enlèvements et de restrictions d’accès aux services essentiels, en particulier ceux liés à la santé sexuelle et reproductive. Tendances générales observées Le monitoring de protection a couvert 20 zones de santé dans les territoires ciblés. Le territoire de Masisi demeure le plus touché, concentrant 41,5 % des violations, suivi de Beni (24,6 %) et Nyiragongo (11,5 %). Malgré une baisse globale de 5 % des violations, une recrudescence est observée à Masisi (+16 %) et Beni (+28 %) par rapport à juillet 2025. La couverture reste limitée à Walikale (uniquement la zone de santé de Pinga) tandis que Butembo et la ville de Beni n’ont pas été incluses dans le suivi. Les principales violations documentées concernent : Les coups et blessures (18 %),µ Les homicides (17 %), Les enlèvements et disparitions forcées (16 %), Les pillage et destructions de biens. Ces tendances traduisent une dégradation continue du respect du droit à la vie et à l’intégrité physique. Violences sexuelles et basées sur le genre (VSBG) En août 2025, le monitoring a enregistré 186 cas de violences basées sur le genre, dont 166 cas de viols, représentant près de 89 % du total. Cette tendance reste alarmante et constante depuis le début de l’année. Les territoires les plus touchés sont Masisi, Beni, Lubero et Nyiragongo, où la présence prolongée des groupes armés et l’absence de mécanismes communautaires de protection exposent davantage les femmes et les filles aux agressions sexuelles, aux mariages forcés et à l’exploitation sexuelle transactionnelle. Impacts sur la santé sexuelle et reproductive des filles et jeunes femmes Les filles adolescentes et jeunes femmes subissent de manière disproportionnée les conséquences de ces violences et du contexte sécuritaire. Plusieurs indicateurs témoignent de la détérioration de leur santé sexuelle et reproductive : Accès restreint aux soins SR : la fermeture ou le déplacement des structures sanitaires, combiné à l’insécurité sur les routes, limite l’accès aux soins post-viol, aux contraceptifs et à la planification familiale. Grossesses non désirées : les cas de viols et de rapports sexuels forcés augmentent le nombre de grossesses précoces, souvent non prises en charge médicalement. Propagation des IST/VIH : l’absence de dépistage et de traitement post-exposition accroît les risques de contamination parmi les survivantes. Stigmatisation sociale : de nombreuses survivantes, rejetées par leurs familles ou communautés, se retrouvent sans soutien psychologique ni économique, renforçant leur vulnérabilité à de nouvelles formes d’exploitation. Le CSDF note également que le manque d’éducation à la santé reproductive et l’effondrement des réseaux communautaires de prévention aggravent les risques d’abus et de désinformation parmi les adolescentes déplacées. Atteintes au droit à la vie et à l’intégrité physique Le mois d’août a également enregistré 168 cas d’homicides, représentant 43 % des violations du droit à la vie. Les territoires les plus touchés sont Lubero (33 %), Masisi (25 %), Beni (17 %), Nyiragongo et Goma (18 %), Rutshuru (6 %) et Walikale (1 %). Ces données confirment la persistance d’un climat d’insécurité chronique, où la population civile est directement ciblée. Profil des populations affectées Les personnes retournées demeurent les principales victimes. Au cours du mois, 852 violations ont été recensées, affectant plus de 941 personnes retournées, soit 68,7 % des victimes. Ces populations, déjà fragilisées par des déplacements répétés, font face à la perte de leurs moyens de subsistance, à la désintégration des structures communautaires et à un accès limité aux mécanismes de plainte et de protection. Recommandations Les résultats du monitoring du mois d’août 2025 montrent que la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC continue d’exacerber les violences sexuelles et les atteintes à la santé reproductive des femmes et filles. Le Centre pour la Santé et les Droits des Femmes (CSDF) recommande : Le renforcement des cliniques mobiles et des points d’accès aux soins de santé sexuelle et reproductive, notamment dans les zones de déplacement. La mise en place de mécanismes communautaires de prévention et d’alerte sur les cas de VBG. Le soutien psychosocial et juridique systématique pour les survivantes de viol et les adolescentes enceintes. Une coordination accrue entre acteurs humanitaires et structures locales pour garantir la continuité des services SR même en contexte de crise.